Après près de 6 mois de silence par ici, il est largement temps que je vous raconte ce qui se passe du côté de Barcelone. Et non, malgré ce titre ambigu, je n'ai pas (encore) décidé de refaire mes valises pour m'installer dans un nouveau pays, même si c'est pas les idées qui manquent.
D'abord, depuis 3 mois, nous sommes installés dans un nouvel appart, rien qu'à nous. Enfin rien qu'à moi sur le papier, alors j'ai intérêt à garder l'homme sous la main, sinon ça va être galère. Pas bougés bien loin : à 2 rues du précédent, c'est bien la première fois que je déménage à pied ! Rien à voir avec les appartements chaux-de-fonniers, pas de vieux parquets et de cachet bien de chez nous, mais y'a quand même des moulures au plafond et une superbe vue sur le quartier. On peut voir la croix du Parc Güell, même les flash des appareils photos parfois quand la pénombre s'installe, et l'église du Tibidabo illuminée.
On profite d'un petit balcon, d'un bureau où travailler tranquillement et même d'une mini chambre d'amis pour pouvoir accueillir les visites. Alors même s'il reste beaucoup à faire pour que tout soit pratique, joli et agréable (bin, oui, parce que des fois quand on rentre du travail, on a plus envie d'une soirée pâtes-série que de scier des planches, tirer des câbles et manier la perceuse), on est bien et finalement c'est ça qui compte.
L'autre changement important dans le quotidien, c'est du côté du boulot. Mon contrat s'est terminé au début de cette semaine et je le savais depuis un moment déjà que mon aventure dans la boîte où j'étais s'arrêterait là. Vu la conjoncture économique de mon pays d'accueil, qui n'est pas prête de s'améliorer en passant, je crois pas avoir imaginé 2 minutes de chercher une nouvelle place de travail. J'ai rapidement décidé que la meilleure solution était de tenter l'aventure toute seule comme une grande fille, je vais donc me mettre à mon compte.
Fini les supérieurs qui viennent te mettre la pression alors que t'es déjà stressée, les repas tupperwares dans une cuisine déprimante sans fenêtre et les heures à attendre au bureau qu'un contrat arrive pour toi. Ça va pas pour autant être simple, il y a la paperasse à remplir, les comptes à tenir, les clients à dénicher. Et même si les collègues avec qui discuter de temps en temps, qui sont là pour m'offrir leurs conseils et m'apprendre tout ce qui n'était pas au programme de mes années d'études risquent de me manquer, je me réjouis de n'avoir de comptes à rendre qu'à moi-même.
Mais le chemin est encore long avant que tout soit prêt pour m'installer derrière mon ordinateur et traduire. Cette semaine la première étape a été l'inscription au chômage. Et oui, parce qu'en attendant que mon entreprise personnelle puisse tourner et que je sois fiscalement et légalement autorisée à envoyer des factures à mes futurs clients pour gagner ma vie, faut bien continuer à payer le loyer et tout le tintouin. Je vous passe les détails sur les près de 5h kafkaïennes passées dans les bureaux pour entreprendre les premières démarches, dans une ambiance lourde, des queues à n'en plus finir de gens désespérés par ce marché du travail lanterne rouge de l'Europe. Je sais bien que le peu que je vais toucher d'indemnisations, j'y ai pleinement droit puisqu'il correspond à ce que j'ai cotisé au cours de l'année, mais je n'ai pas pu faire taire cette petite voix qui me disait que c'était pas très juste de venir en profiter sachant que je viens d'un pays où la situation est loin d'être si dramatique.
Y'a plus qu'à mettre la machine en route rapidement, arriver à gagner bien ma vie, histoire de rembourser tout ça en impôts pour soulager ma conscience ! Vous pourrez suivre mes débuts de près, parce je compte bien sur vous pour transmettre ma carte de visite virtuelle une fois que je serai opérationnelle.
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Ahhhh, le chômage... Même ici c'est devenu Kafka. Je compatis d'autant plus que je viens de faire presque trois mois de démarches diverses qui prennent un temps pas croyable pour m'entendre dire hier que je n'ai pas droit au chômage. Non mais laissez-moi rire.
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